|
Les thèmes abordés dans les ateliers ont pour cadre les considérants suivants :
• Contexte de crise du capitalisme mondial et développement de quelques pays émergents (Chine, Brésil, Inde), différents, mais avec des caractéristiques d’exploitation brutale. Le prolétariat – l’ensemble de celles et ceux désappropriés de toute maîtrise (et accès) sur les moyens de production et d’échange et la terre – constitue une force potentielle quantitativement énorme, au sein de laquelle le prolétariat industriel dispose d’une position de relief. Toutefois, ce prolétariat a son histoire, avec des différences importantes non seulement à l’échelle des divers continents, mais aussi des formations sociales dites « nationales », avec leurs caractéristiques sociales, culturelles, syndicales et politiques.
• La tendance dans de nombreux pays des « centres » – mais pas seulement – est à l’émergence de ce que l’on pourrait qualifier de « néocorporatisme ». C’est-à-dire une gestion des affrontements de classes sous la forme d’une collaboration « organique » entre appareils gouvernementaux, appareils syndicaux centraux et organisations patronales (de branche ou nationales, et même transnationales). Cela n’exclut pas des relations directes entre le patronat et les appareils syndicaux ou entre le gouvernement et les appareils syndicaux. Le terme « néocorporatisme » ne renvoie pas à une répétition du corporatisme des années 1930, mais à une domination des formes de concertation sociale pour faire aboutir des contre-réformes ayant une dimension légale et y compris constitutionnelle. Cela conduit à imposer une camisole de force aux secteurs sociaux et syndicaux d’orientation de lutte de classes.
• Cette politique de négociation « sous contraintes » se conjugue avec des mesures de répression sélectives contre les militant·e·s syndicaux et de criminalisation (ou d’essai de criminalisation) des « mouvements sociaux ». Cela avec le consentement (explicite ou implicite) de certains appareils syndicaux et, plus d’une fois, des gouvernements de centre gauche.
• Ce « néocorporatisme » se combine avec une parlementarisation complète des organisations politiques de « gauche », dont la social-démocratie est la pointe avancée. De plus, les sommets de la social-démocratie sont non seulement intégrés aux appareils d’Etat (ou proto-étatiques de types différents : UE, FMI, OMC), mais ont tissé des liens étroits (personnalisés) avec des fractions du Capital. Cette parlementarisation implique de même une attitude parfois subalterne d’une fraction de ladite gauche radicale en relation avec l’agenda politico-électoral imposé par la droite et la « gauche institutionnelle ».
• Toute lutte de résistance entre en connexion avec les éléments de crise de la société et du salariat qui est en recomposition, une nouvelle fois dans l’histoire. Ce salariat peut exprimer sa vigueur, comme on l’a vu en France. Mais il se heurte à de nombreuses limites, comme on l’expérimente en Grèce, dans l’Etat espagnol, en Irlande, en Grande-Bretagne… et aussi en France.
• L’attaque contre le salaire social exige des ripostes qui impliquent la recomposition d’un front social réunissant les deux bouts de la chaîne du salariat. C’est-à-dire aussi bien les secteurs en formation (secteurs de la jeunesse, apprentis et étudiants) que les segments les plus précarisés (des migrant·e·s aux précaires de la sous-traitance), ainsi que le gros du salariat du secteur public (de plus en plus menacé par les privatisations ou la perte du statut de fonctionnaire) et du secteur privé.
Une lutte portant sur les droits démocratiques et sociaux pose immédiatement le problème de la répartition de la richesse. Ainsi, on ne peut lutter pour la suppression de CDD (contrat à durée déterminée) sans poser le problème du salaire, de la sécurité sociale, des assurances sociales et donc de la répartition de la richesse produite. Toute résistance d’ampleur débouche immédiatement sur le problème de la répartition de la richesse, et, en perspective, sur celui de la propriété privée « stratégique » ; donc des modalités d’une socialisation effective.
• Un dépassement du « syndicalisme actuel » dominant en vue du développement d’un mouvement des travailleurs et travailleuses associés doit être au centre de la réflexion à l’échelle internationale, donc avec sa dimension internationaliste.
• Se posent les problèmes spécifiques de l’émergence d’un syndicalisme indépendant ou d’une transition vers un syndicalisme indépendant dans divers pays : Chine, Russie, Egypte… et Venezuela.
*
|